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No. 16
Seoul
le 25 nov. 91
Chére Amy Mille fois merci de ta bonne lettre de 9 oct. (No. 9) qui mérite un aussi bonne réponse. Je me demande seulement pour où commencer car il est arrivé tant de choses depuis la dernière fois que je t'ai écris - un peu avant notre départ si je ne me trompe. Notre voyage a été [un] des plus agréables. Mer calm, temps superbe, bonne compagnie, enfin tout ce que nous pouvions désirer. Nous sommes allés à Wonsan 21 d'abord -- un endroit désolé où nous ne sommes resté que 48 heurs. La dernière après midi je suis allé à terre avec Papa et me suis promené avec M. Diesen (???) de la douane, homme très agréable pendant que Papa fasait des questions d'affaires. Le soir même M. O. m'a envoyé un bouquet superbe de chrysanthemums et d'une grande fleur rouge qui m'ont rappelé les animones de Biarritz. De la nous sommes allés à Pusan 22, plus au sud et aussi plus joli. Nous y étions pour le jour de naissance de l'empereur du Japon, ce qui est toujours un jour de grande fête pour les Japonais - qui font à peu-près les seules habitants de Pusan. Papa à dejeuné à la Lég. Jap. tandis que Maman et moi ont fait de même chez Mme Hunt, jeune du commissaire de la douane23. Tu sais ce qu'est le service n'est-ce pas? Ce n'est pas comme chez nous. De la à Nagasaki pour du charbon. Des journées et les nuits idéals ni trop froides ni trop chaudes. Il n'y avait ni visites ni affairs et nous ne sommes restés que peu de temps, faisant quelques ????? etc. Le grand vaisseau Anglais l'Imperiéuse y était aussi, notre capitaine a eu l'obligeance de m'y conduire - l'amiral Sir Fred. Richards étant absent Papa ne pouvait guère le faire. C'est dommage car nous avions fait sa connaissance à Péking. De Nagasaki nous sommes encore allés au nord mais en longeant l'autre côte de la péninsule, pour aller à Ping-Ang. En route nous avons ramassé cinq pauvres chinois naufragés qui se cramponnaient à leur pauvre jonque renversé. Ici j'ai êté interrompu pour recevoir la visite de M. et Mme Emile Bocher le Commissaire Francais le première fois que je parle français depuis je ne sais combien de mois -- j'ai été épouvanté du résultat! Mais revenons à nos moutons. L'entrée de la rivière est dangereuse les cartes tres mauvaise ce qui fait que nous sommes allés a tâtons jusqu'à ??? 5 km. (???) de la ville, où nous avons jété l'ancre. De là Papa avec pleusieurs officiers sont allés dans le steam launch jusqu'à la ville où ils ont eu une grande réception du Governeur. Mais Papa te racontera tout cela et mieux que moi car je n'ai pas pu y aller. En attendant trois des officiers, ceux dont j'ai su le plus, et moi nous sommes amussés tant bien que mal au désespoir du capitaine, qui me disait je les démoraliseaient tous. Un petit pic nic à l'aventure, et un "candy pull" `a bord étaient les grands évenements. J'ai vu lâ quelque chose de très curieux. Des milliers d'oies et de canards sauvages, ca faisait un bruit - comme un machine à vapeur "letting off steam." Effrayant. Un phaisant est venu se percher sur un du cordages du vaiseau! J'ai toute sa peau comme souvenir.
Après cinq jours dans la la rivière nous sommes revenus sains et sauf, après une traversé de deux jours, toujours avec un beau soleil et une vue incomparables. Une journée a Chemulpo, que j'ai passè avec Mme Johnston, 24 et dimanche soir nous a vu coucher ici, bien contents d'être de retour, mais plus que satisfaits du voyage. Les officiers ont été charmante pour nous tous, surtout pour moi. Papa se porte beaucoup mieux et en est aussie charmè que moi. Il fait très froid depuis notre retour, mais beau. Pleusieurs personnes (???) son déja venues nous voir avec les mêmes questions et souhaits "enchanté" etc. de nous revoir. Vendredi nous dinons chez M. Hillier (l'Anglais) et mercredi prochain, aujourd'hui en nuit Mme Bunker donne son Shakespeare evening auquel je dois lire le rôle de "Portia"! Voilà notre commencement.
Mais que le monde est petit après tout. Tu te rappelles Mme Royal Phelps Carroll née Suzanne Bancroft? Elle est à Peking avec son mari, revenu du Kamchatka où ils se sont amusés a tuer des ours et en route pour l'Inde et le Java. M. Brandt m'ecrit qu'elle est charmante et jolie! qu'ils ont été fêtes par tout le monde. Il leurs a donné un grand diner dont je t'envois le menu. Cela te donneras peut-être une idée de ce que l'ont peut avoir en Chine. Tu n'as que y ajouter une dizaine de vins différents et imaginer une table superbe, couvertes de fleurs dans des vases de cloisonné, des cristaux etc. dans une grande salle d'une boiseries neutre, les étagères et les murs couverts de "blue et blancs" tandis que le plafond et composé de panneaux à fond blanc ivoire, avec l'aigle Prussian, et le drapeau Chinois en or, alternativement. Tiens! j'ai envie que tu connaisses mieux ce que je decris si mal. Je t'envoie deux phot. de la salle à manger, et une de la salle de bal ou grand salon. Il me les a donné pour souvenir mais je n'en ai guère besoin pour cela et tu peux me les gardes aussi bien. La porte à gauche dans le no 1 va dans la grande salle - dans le no 2 à l'office dernière le paravent fait d'une vielle étoffe japonaise, delicieuse.
Par la porte de n. est. on voit le petit-salon de cérémonie duquel on entre dans les appartements privés de M. B. Les tentures -- qui ne sont pas posées ici -- sont de satin rouge brodé d'or chinois, tandis que les panneax du plafond sont encadrés de rouge au lieu de brun. Les plantes se trouvent au milieu de la chambre en face de la porte de la salle à manger qui est à gauche comme on entre. A droit il y a quatre grandes portes vitreées donnant sur la véranda et la jardin.
Il parait que Mme Outrey 25 a un ramollissement de cerveau! Amalia m'ecrit de Knole au désespoir parceque les Salancon sont au Mexique. La pauvre enfant est triste pour autre cause et ce coup là a l'air de l'achever. Le dernier courier m'a aussi apporté une lettre de M. L. Winthrop. Une espéce de composition - qui m'a tout à fait étonné. Cette idée de m'écrire tout d'un coup!
Nous n'avons rien d'Augustine, tout au plus une invitation à la réception.
Mes souliers jaunes sont arrivés et me vont à mervéille. J'en suis enchanté et j'éspère qu'ils réussiront toujours aussi bien. J'attends les noirs avec impatience, c'est à dire, les souliers de rues - les autres sont ???? les ????. -- Et maintenant, soeurette, jéspère que j'ai assez jaser pour aujourd'hui et que ma lettre est causeuse. Mille baisers - pour toi et les mioches -- amitiés aux tiens.
Hélène
2 dec
Je t'envoie aussi par ce courier un jupon chinois -- satin noir brodeé d'or -- en deux morceaux dont un a ton address l'autre à Mme Gray, que tu réclameras. Je l'envoie comme échantillon mais j'éspère qu'il arrivera en bon état et sans te donner d'ennuie. J'en ai ôté la doublure qui était vieille laissant les points exprès -- tu pourras peut-être en faire quelque garniture de robe -- en tout les cas il vaut mieux que tu l'ai(e??) maintenant car Dieu sais quand nous nous reverrons. Dis moi en quel état il arrive. Il n'est pas de coutume de donner le prix de cadeaux mais si par hasard on voulait te faire payer, la chose entière, avec doublure de satin n' à coupté que $5.00 à peu[-près] quatre en amérique donc ne te laisse pas voler. Je cherche depuis quelques temps une petite chose pour Mme Gray qui puisse passer par la poste, mais sans succès. Si tu trouve le jupon ferai (????) et qu'il ne te plaise pas -- donne le lui de ma part et garde le morceau de brocard (3 /4 yd) blanc et or que je t'enverrai après avoir attendu que ces pacquets ci soient bien lancés. Il te fairai une très joli garniture mais -- enfin tu peux choisir. Le même courier emporte pour Addie un petit paquet étroit - à ton adresse. Remets le lui s'il te plait.
Mille baisers et bon souhaites pour la nouvelle année.
Hélène
Dis à Russell que j'envoi une demande d'argent pour $400. -- comme d'habitûde.
Menu
Tortue claire.
Bouchèes à la reine.
Hua chi yu, sauce mayonnaise.
Selle de mouton à l'anglaise.
Pain de gibier
Côtettes de volaille aux petits pois.
Caud-froid de faisans.
Dinde rôtie.
Fonds d'artichauts.
Charlotte Russe.
Glace au cafè.
Welsh rarebits.
Dessert.
No. 16
Seoul
25 Nov. 91
Dear Amy A thousand thanks for your good letter of 9 Oct. (No. 9) which merits an equally good response. I wonder only where to begin because so many things have happened since the last time that I wrote you - a little before our departure if I am not mistaking. Our voyagewas one of the most agreable. Calm sea, superb weather, good company, all we could desire. We went to Wonsan first - a desolate place where we stayed 48 hours. The last afternoon I went on land with Papa and I walked with Mr. Diesen of the customs, a very agreable man, while Papa asked business questions. That same evening M.O. sent me a superb chrysantehemum bouquet and a grand red flower which reminded me of the anenmonies of Biaritz. From there we went to Pusan, more to the south and and also pretty. We were there for the birthday of the emperor of Japan, always a holiday for the Japanese - who were almost the only inhabitants of Pusan. Papa had lunch at the Japanese legation while Maman and I did the same at Miss Hunt's, daughter of the commissioner of customs. You know about the service, don't you? It is not like at home. From there to Nagasaki for carbon. Ideal days and nights neither too cold nor too hot. There was no business and no visits and we stayed there only a little time, doing several ???? etc. The large English vessel the Imperious was also there our captain had the character to take me there -- the admiral Sir Fred. Richards being absent. Papa could scarcely do it. It is a pity because we had made his aquaitance in Peking. From Nagasaki we were still going to the north, but along the other coast of the peninsula, to go to Ping-Ang. On route we gathered five poor Chinese crammed into their sunken junk. Here I was interrupted by the visit of Mr. and Mrs. Emile Bocher the French commissioner, the first time that I spoke French for I don't know how many months -- I was horrified at the result. But let's return to the subject. The entrance to the river is dangerous and the maps very bad which made us proceed very carefully until we were 5 km from the town, where we dropped anchor. From there Papa with several officers went in the steam launch to the town where they had a grand reception from the Governor. But Papa will tell you all about that better than I because I was not able to go. While waiting three officers, those about whom I knew the most, and I amused ourselves well enough to the desperation of the captain, who told me that I was demoralizing all of them. A little adventurous picnic, and a candy pull on board were the grand events. I saw there something very curious. Thousands of wild geese and ducks making a noise like a steam boat "letting off steam." Frightening. A pheasant came and perched in the lines of the boat. I have its skin as a souvenir.
After five days on the river we returned safe and healthy, after a traverse of two days, still with a beautiful sun and an incredible view. One day at Chemulpo, which I spent with Mrs Johnston, and Sunday night we were welcomed to sleep here, well content to have returned, but more than satisfied by the voyage. The officers were charming for us all, especially to me. Pappa is much better and is as charmed by the trip as I. It has been very cold since our return, but nice. Many people have already come to visit us with the same questions and wishes, "enchanted" etc. to see us again. Friday we dine chez M. Hillier (the Englishman) and next Wednesday, tonight Mrs Bunker presents her Shakespeare evening for which I will read the role of "Portia"! Voila our beginning.
After all how small the world is. You remember Miss Royal Phelps Carroll born Suzanne Bancroft? She is in Peking with her husband, just back from Kamchatka where they amused themselves killing bears and en route for India and Java. Mr. Brandt wrote me that she is charming and pretty! that everyone entertained them. He gave them a grand dinner and I enclose the menu. It will give you perhaps an idea of what one can have in China. You have only to add a dozen different wines and imagine a superb table, covered with flowers in cloisonne vases, crystal, etc. in a grand hall with neutral woodwork, shelves and walls covered with "blue et blancs" whereas the ceiling is composed of panels of white ivory, with the Prussian eagle, and a Chinese gold curtain, alternating. Well! I want you to know better what I describe so badly. I am sending you two photos of the dining room, and one of the ballroom or grand salon. He gave me them as a souvenir but I have scant need of them and two can guard them for me well enough. The door on the left in the first photo goes to the main room - in the second to the officer behind the folding screen made of an old Japanese fabric, delicious.
From the northeastern door one sees the little ceremonial room from which one enters the private apartments of Mr. B. The tapestries -- which are not placed here -- are of a red satin bordered in Chinese gold, while the panels on the ceiling are framed in red instead of blond. The plants are in the middle of the room facing the door to the dining room which is on the left when one enters. To the right there are four grand stained glass window doors opening to the veranda and the garden.
It appears that Madame Outrey has a brain tumor! Amalia wrote me from Knole in desperation because the Salancons are in Mexico. The poor child is sad for other reasons and this blow was the last straw. The last mail also brought me a letter from M.L. Winthrop. A real composition which genuinely astonished me. The idea of writing me so suddenly!
We have nothing from Augustine, finally an invitation to the reception.
My yellow shoes arrived and suit me to perfection. I am enchanted with them and I hope they will still succeed well enough. I wait for the black ones with impatience, that is to say the street shoes -- the others are ???? the ????. -- And now, dear sister, I hope that I have abled enough for today and that my letter is chatty. A thousand kisses - for you and the little ones - love to yours.
Helen
2 Dec.
I send to you also by this mail a Chinese petticoat -- black satin bordered in gold -- in two pieces of which one has your address and the other to Mrs. Gray, that you will reclaim. I send it as a sample but I hope that it will arrive in good condition without causing you problems. I removed the lining which was old, leaving the stiches on purpose -- you will be able perhaps to make a decoration for a dress -- in any case it is better that you have it now as God knows when we will see each other again. Tell me in what state it arrives. It is not customary to give the price of gifts, but if perchance somebody wants to pay you, the entire thing, with satin lining cost only about $5 about four in America, so don't don't let yourself steal. I have been looking for some time for a little something for Mrs Gray which could pass through the post, but without success. If you find the petticoat ???? and that it does not please you - give it to her on my bahalf and keep the piece of white and gold brocade (3/4 yd) that I will send you after these packages have been sent. It will make for you a very pretty decoration but - it is for you to decide. The same mail carries for Addie a small thin package -- to your address. Please pass it on to her.
A thousand kisses and best wishes for the new year.
Helen
Tell Russel that I am sending a money request for $400 -- as usual.
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