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Leg. des Etats Unis
Sëoul
le 17 déc / 91
Chère Amy
Je vais tacher de griffoner encore quelques lignes mais j'ai la main très fatiguée et un pouce foulé qui me fait assez mal -- après avoir écrite et addressé une cinquantaine d'invitations pour une réception pour le 24 déc., sans compter plusieurs lettres. Le courrier part demain, toujours un grand moment. la moitie arrivé aujourd'hui, ne nous a rien apporté de toi ni d'Addie. La second moitié n'arrivera que ce soir donc nous pouvons encore espérer. Mais Papa a eu un lettre aujourd'hui qui nous a tout à fait consternés et beaucoup amusée. Tu ne devinerais jamais donc voici. Le Général le Gendre 27 écrit demandant ma main en marriage pour M. Collin de Plancy 28 Chargé d'Affairs au Japon!! Il a été ici pendant quelques temps comme "commissaire" qui est le poste Francais ici, mais il a été remplacé en mois de juin dernier. Très gentil garçon avec une ressemblance extraordinaire à Augustine, en grande il a toujours été très aimable pour moi. Je ne l'ai tout de même pas vu plus de dix fois je suppose et je n'en reviens pas. C'est flatteur et je suis fâche de lui causer de la peine. mais je suis satisfaite!
Je grille d'impatience de recevoir ta réponse et j'ai une peur atroce que ma lettre ne touche en de mauvais mains. Le courier a déjà été volé plusieurs fois cet automne. Enfin il faut courir le risque. Mais comme quand on commence il n'y a toujours plus d'une fin j'ai pensé à plusieurs choses encore qui me manquant. Me voila en tulle et quelque éspèce de fleurs blanches. Si tu m'en envoies prends tout simplement un tout petit bouquet pour les cheveux et un petit pour le corsage. Fleurs d'orangers car il tient beaucoup aux vieilles coutumes je crois aussi une petite boited'épingles en acier Kirby & Beard 29 -- Il est horriblement difficile et se connait fort bien en toute choses. Si tu pouvais voir les étoffes qu'il m'a envoyées! C'est un vrai plaisir que de se faire faire des robes. Et je ne sais vraiment pas ce que je ferais sans cela. Je te les décrirai un autre jour, avec des échantillons. Surtout ne te tourments pas pour m'envoyer un cadeau. Je t'assure, Mams, que si tu me fais toutes ces commissions je t'en serai toujours obligée et il me donne tant de choses -- livres, bibelots, bijoux, étoffés -- je ne puis te le dire, la liste est tellement longue. Jusqu'à ses habits! L'autre jour il m'a donné un superbe manteau de "sea otter" qu'il prétend être trop petit pour lui.
A propos -- ce n'est pas Suzanne Bancroft qui a fait sensation à Péking mais Marion Langdon une toute autre personne mais il faut vraiment que je finisse. Ne me fais pas attendre trop longuetemps ce n'est que pour quelques lignes. Amitiés a tous. Mille baisers.
à toi
Hélène
United States Legation
Seoul
17 Dec 91
Dear Amy
I am going to try to scribble a few lines more but my hand is very tired and my sprained thumb is causing me pain -- after having written and addressed fifty or so invitqation for a reception on Deceumber 24, not counting several letters.
The mail leaves tomorrow, always a big moment. Half arrived today, brought us no news of you or Addie. The second half will not arrive until this evening so we still hope. But Papa received a letter today that dismayed and amused us. You would never guess so here it is, General le Gendre wrote asking my hand in marriage for M. Collin de Plancy. Chargé d'Affairs in Japan! He has been here for some time as "commisaire," the French position here, but he was replaced last June. A very nice young man with an extraordinary resemblance to Augustine, generally he has always been friendly to me. I have only seen him ten times and I suppose that I will not see him again. It is flattering and I am unhappy to cause him pain, but I am satisfied!
I long impatiently to receive your reply and I am terribly afraid of my letter finding its way into the wrong hands. The mail has already been stolen several times this autumn. Finally it is necessary to run the risk. But finally when one begins it never ends that I think of several things more that I need. Here I am in lace and some sort of white flowers. If you send me some take simply a little bouquet for my hair and a small one for the corsage. Orange flowers since they go well with old costumes. I believe also a little box of steel pins from Kirby & Beard -- it is horribly difficult and they know everything well. If you could see the stuff that he has sent me! It is a real pleasure to have dresses made. And I truely do not know what I would do without it. I will describe them to you another day, with the samples. Above all, do not torment yourself about sending me a present. I assure you, Mams, that if you help me with these errands I will forever be in your debt and he gives me so many things -- books, trinkets, jewelry, fabric -- I cannot tell you, the list is so long. Up to his clothes! The other day he gave me a superb coat of "sea otter" which he pretended was too small for him.
A propos -- it was not Suzanne Bancroft who made a sensation at Peking but Marion Langdon a completely different person but I really must finish. Do not make me wait too long even it is for only a few lines. Love to all. A thousand kisses.
à toi
Hélène
No 18
Le 17 décembre
Séoul
Chère Amy,
Papa est venu me demander mes lettres pour le courrier et cinq minutes après le domestique m'a apporté la tienne du -- elle n'est pas datée mais il y a No 11 dans le coin -- écrite de Groton. Je crois pouvoir encore attrapper le courrier ce soir et m'empresse de te remercier de cette même lettre et de ce qu'elle contient. Tu connais toute l'histoire maintenant ce qui ne me laisse plus rien à dire. Je ne puis assez regretter ma sottise d'avoir écris comme je l'ai fais à Mme Winthrop, mais comme j'ai dis hier j'ai du avoir la tête tournée et ne pensais pas aux conséquence de ce que j'écrivais. Tu ne dois pas te laisser croire que je me suis laissée entrainer par tant de gâteries sans penser au sérieux de la question. Non, mille fois non. Je l'aime sincèrement et de tout coeur -- et tu serais la première à le comprendre si tu le connaissais -- comme tu le fera je l'espère un de ces jours. C'est toujours une question sérieuse et peut être plus encore en ce cas-ci car il est non seulement beaucoup plus âge que moi mais sa santé est des plus délicate. Il souffre de l'asthme ce qui le prive de beaucoup de plaisirs même des plus simple. Il me l'a representé lui-même bien des fois et se reproche de m'avoir pris ma jeunesse. Je sais ce que le monde va dire et il se trouvera bien des mauvais langues.
Et bien je ne puis que répéter ce que j'ai déjà dis - ce que je dirai toujours, qu'en dépit de tout la vie auprès de lui me semble plus belle que toute autre qu'on pût m'offrir. Je ne sais vraiment comment te dire tout cela je ne pourrai jamais rendre justice à sa bonté de coeur et beauté de caractère -- et en ce moment je ne veux pas dire particulièrement pour moi mais pour tout le monde.
Cela m'a tellement frappé au commencement que je n'ai pu m'empêcher de l'aimer. Mais tu sais ce que c'est d'aimer et d'être aimer -- je ne puis rien t'apprendre sur ce compte la seulement je ne veux pas que tu pense comme le vulgaire du monde. Tu en diras de tout ceci après ce que tu voudras ou pourras bien de dire. Je repette de ne pouvoir écrire à Addie en même temps mais je ne le puis pas encore. Tu peux être sûre que ce sera au plus tôt possible.
Tu arrangeras cela - autrement vous pourrez toujours échanger mes lettres si vous voulez, seulement je préférai peutêtre si elle les lisait chez toi ou que tu les lui lise.
Jean est une critique sévère et j'ai vraiment honte de mon français. Je vais m'y mettre un des ces jours mais en ce moment je n'ai pas un minute à perdre. Il y a tant à faire et j'ai besoin de tant de choses. Non seulment parcequ'il est difficile mais aussi à cause de la position officielle que j'aurais à remplir. Tu comprendras tout cela. Maintenant embrassons nous encore une fois. Enchanté des bonnes nouvelles que tu nous donnes de ta santé. Nos ésperons qu'elles coninuerons. Aussi d'apprendre qu'Aug. est tout à fait guérit de son entorse.
Embrasses les mioches et mille baisers pour toi.
Hélène
No 18
17 December
Séoul
Papa just came to ask for my letters for the mail in five minutes, after the servant brought me yours of -- it is not dated but there is a number 11 in the corner -- written in Groton. I believe I will be still able to catch the mail this evening and I am hastening to thank you for this same letter and for what it contains. You know the entire history now which leaves me nothing to say. I cannot regret enough my stupidity to have written as I did to Mrs Winthrop, but as I said yesterday I must have had my head turned and I was not thinking of the consequences of what I was writing. You should not let yourself believe that I let myself submit to such indulgences without seriously considering the results. No, a thousand times no. I love him with all my heart -- and you would be the first to understand if you knew him -- as I hope you will one of these days. It is always a serious question and perhaps more still in this case because he is not also much older than I but his health is more delicate. He suffers from asthma, which deprives him of many pleasures, even the most simple. He has pointed this out himself to me many time and he reproaches himself for having taken my youth. I know what the world is going to say and he will encounter unkind tongues.
Well, I can but repeat what I have already said -- what I will always say, that in spite of everything life with him seems to me more beautiful than any other that one could offer to me. I truly do not know how to tell you everything, I will never be able to do justice to his goodness of heart and beautiful character -- and at this moment I do not want to say this particularly for me but for the entire world.
That so struck me at the beginning that I was not able to prevent myself from loving him. But you know what it is to love and be loved -- I cannot teach you anything on that count only I do not want you to think as the vulgar do. You will speak of all of this as you wish or will be able to. I repeat I was not able to write to Addie at the same time and I still cannot. You can be sure that will be as soon as possible.
You will arrange it -- otherwise you can always exchange my letters if you wish, only I prefer perhaps if she reads them at your house or you read them to her.
Jean is a severe critic and I am truly shamed by my French. I am going to devote myself to it one of these days, but at this time I do not have a minute to lose. There is so much to do and I need so many things. Not only because it is difficult but also because of the official position I have to fill. You will understand all of that. Now let us embrace once more. Enchanted by the good news that you give of your health. We hope that it will continue. Also to learn that Aug. is completely cured of his sprain.
Embrace the little ones and a thousand kisses for you.
Helen
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